CHOC CULTUREL ET CHOC DE RETOUR

Le choc culturel

Photo de  Olaia Irigoien  sur  Unsplash

As-tu déjà entendu parler ou même expérimenté le choc culturel? Ce phénomène étrange qui survient parfois lorsqu’on visite un pays étranger et que nos repères disparaissent est plus fréquent qu’on pourrait le croire et se manifeste de toutes sortes de manières. Colère, angoisse, insomnie, mal du pays, irritabilité, augmentation/diminution de l’appétit, morosité, jugement excessif... Quelles que soient la durée du séjour et la destination, le choc culturel peut être vécu à différents degrés et bien qu’il n’existe pas de traitement en tant que tel pour le guérir ou le prévenir, il est possible d’en apaiser les symptômes.  Le plus important est de comprendre ce qu’est le choc culturel et d’accepter ce que l’on vit. Bien qu’elles ne soient pas forcément vécues dans cet ordre ou dans leur intégralité, voici les 4 phases typiques du choc culturel.

 

Photo de  Perry Grone  sur  Unsplash

Photo de Perry Grone sur Unsplash

  • Lune de miel

    Habituellement la première réaction en contexte d’échange interculturel, la lune de miel se caractérise par une période où les nouveautés nous semblent exotiques, romantiques et charmantes. Nos sens sont en éveil et l’excitation est à son comble; c’est le bonheur total!

  • Frustration

    Les différences culturelles commencent à être dérangeantes. On a tendance à comparer, on est facilement irrité par le comportement des habitants et un sentiment de dissociation se crée entre la culture locale et sa propre culture. C’est durant cette période que les émotions négatives font parfois surface (angoisse, colère, morosité, etc.) et certains éléments, comme la barrière de la langue, les injustices sociales et l’insalubrité, viennent renforcer la sensation de solitude et le désir d’isolement.

  • Ajustement

    À un certain moment, on commence à s’ajuster à la culture locale et les sources de frustrations diminuent. De nouvelles routines et habitudes sont créées, des liens sont développés avec des résidents ou d’autres voyageurs, des similarités entre les cultures semblent se dessiner et tu es capable d’aborder les différences avec humour et profondeur d’esprit.

  • Adaptation

    À ce stade, tu es pleinement confortable dans ton nouvel environnement. Sans valoriser une culture plus qu’une autre, tu es capable de naviguer avec aisance le biculturalisme qui t’habite et profite au maximum de ton expérience interculturelle.

 

Apaiser le choc culturel

Photo de  Liam McKay    sur  Unsplash

Photo de Liam McKay sur Unsplash

  • Prépare-toi pour ton expérience au maximum en te renseignant sur la culture locale, la nourriture, le climat, les habitudes de vie des locaux, etc.

  • Identifie tes émotions et valide-les en les associant aux différentes étapes du choc culturel

  • Fais preuve de patience et de douceur à ton égard et envers les autres

  • N’aie pas peur de communiquer tes sentiments avec des voyageurs, des gens sur place ou un proche à la maison (toutefois, assure-toi que la personne avec qui tu communiques est outillée pour te comprendre et t’aider, car les gens qui n’ont jamais vécu de choc culturel peuvent malencontreusement renforcer tes préjuger et tes sentiments négatifs)

  • Respecte ton besoin de repos et de solitude, mais évite de t’isoler

  • Tente de conserver de saines habitudes de vie (alimentation appropriée, exercice physique, cycles de sommeil réguliers, etc.) et évite de surconsommer de l’alcool, de la drogue ou des friandises qui pourraient contribuer à la fluctuation de tes humeurs

  • Donne-toi de petits défis à relever qui te procureront un sentiment d’accomplissement et de satisfaction

  • Évite le piège des médias sociaux; passer trop de temps en contact avec tes proches à la maison ou te comparer à des voyageurs célèbres peut accentuer ton isolement, te rendre nostalgique et te donner un sentiment de défaite

  • Garde en tête que le choc culturel fait partie du voyage et de l’expérience que tu es venu(e) chercher (tente de dédramatiser les situations de détresse et rappelle-toi que chaque moment est un souvenir en devenir)

  • Ne te laisse pas sombrer dans la déprime et cherche de l’aide avant de te sentir complètement enlisé(e) dans la peur ou la tristesse

 

Le choc de retour (ou choc culturel inversé)

Photo de  Nik Shuliahin  sur  Unsplash

À l’inverse du choc culturel, le choc de retour frappe les voyageurs qui reviennent à la maison. Avec des manifestations et des phases semblables à celles de son précurseur, il rend la réintégration du quotidien parfois difficile. L’idéalisation de l’expérience vécue crée une division entre le voyageur et ses proches, qui n’ont pas la même compréhension, voire même intérêt, pour la culture visitée. Lorsqu’au retour, le voyageur découvre son quotidien inchangé (la maison est exactement comme elle était lorsqu’on l’a laissée, les amis et les membres de la famille occupent les mêmes emplois, les commerces locaux sont toujours les mêmes, etc.) il développe parfois un sentiment de désespoir, comme si le voyage n’avait été qu’un rêve brutalement terminé, à la fois très vif et lointain.

 

  • Lune de miel

    Quel bonheur d’être de retour chez toi et de revoir les proches qui t’ont manqué! Tu as enfin accès à toutes ces petites choses dont tu t’es ennuyée(e) (ton chien, un bagel au fromage à la crème,  une connexion internet stable, ton lit douillet, un chandail, un bain, etc.).

  • Frustration

    Alors que tu étais le centre de l’attention à ton arrivée, te rends compte que les gens semblent rapidement se désintéresser de ton voyage. Tu te sens seul(e), incompris(e), nostalgique et tu te languis de la vie à l’étranger. Le quotidien ici te semble morne et dénué de sens.

  • Ajustement

    Tu retrouves peu à peu une humeur stable et te crées de nouveaux projets qui t’aident à naviguer ta nouvelle réalité malgré ce contexte familier. Même si tu t’ennuies des odeurs, des paysages et des saveurs qui ont marqué ton voyage, tu commences à faire le point sur ton expérience et à en mesurer les bienfaits.

  • Adaptation

    Tu es enfin capable de parler de ton aventure sans avoir la gorge nouée et tu ne passes plus la majorité de ton temps libre à regarder des photos ou le prix des billets d’avion. Tu es maintenant objectif par rapport à ta propre culture et celle qui t’a accueilli(e) et tu vis avec le meilleur des deux mondes.

 

Apaiser le choc de retour

  • Évite de comparer la destination et la maison; les cultures ont toutes des avantages et des inconvénients, il ne faut donc pas idolâtrer l’une plus que l’autre

  • Lorsque tu parles de ton expérience avec tes proches, sois préparé(e) à faire face à leurs questionnements et leurs incompréhensions sans confrontation; souviens-toi de ton propre choc culturel et du temps qu’il t’a fallu pour accepter certains aspects de la culture visitée

  • Apprends à discerner le moment où tes proches semblent saturés par tes récits afin éviter les situations conflictuelles

  • Garde contact avec des gens rencontrés à l’étranger pour apaiser ta nostalgie

  • Trouve des traces de la culture visitée près de chez toi pour raviver tes souvenirs (atelier de conversation dans la langue du pays, restaurant de cuisine traditionnelle, concert d’un groupe en tournée, activité d’artisanat typique, etc.)

  • Crée-toi de nouveaux objectifs personnels ou professionnels qui sont alignés avec la personne que tu es devenue durant ton séjour

  • Impliques-toi dans des groupes de discussion ou des organismes interculturels locaux

  • Joue au touriste chez toi en découvrant de nouveaux attraits ou en t’offrant de petites escapades touristiques dans ta région qui sauront soulager ta soif d’aventure