TOURISME DE MASSE VERSUS TOURISME ALTERNATIF

TOURISME DE MASSE

Le tourisme de masse s’est développé au cours des dernières décennies principalement en raison de la croissance de la classe moyenne, de l’augmentation générale des congés payés et de l’accessibilisation des modes de transport et d’hébergement. Au fil du temps, certaines destinations se sont vues gagner considérablement en popularité, leur conférant ainsi le statut de pôles touristiques. L’un des critères principaux du tourisme de masse est donc l’affluence des voyageurs en quantité déraisonnable en un seul et même endroit. En effet, la surfréquentation de ces pôles touristiques entraîne de nombreux désavantages, tant pour les visiteurs que les visités. On note par exemple la congestion des routes, services et attraits touristiques, le manque d’hébergement entraînant la conversion d’habitations en logis touristiques, forçant les résidents à déménager l’extérieur des villes populaires, l’augmentation générale du coût de la vie et le stress mis sur les infrastructures et la nature environnante. Un autre facteur caractérisant le tourisme de masse est le manque de considération des voyageurs envers la destination visitée; considération économique, sociale, culturelle et/ou environnementale, menant parfois à la polarisation des richesses, à la dégradation des ressources naturelles et à l’hostilité des habitants envers les touristes. Voici quelques-unes des formes les plus courantes de tourisme de masse.

Photo de  Fernando Jorge  sur  Unsplash

Croisières

Bien que la popularité des croisières soit en plein essor, les impacts négatifs de ces dernières ne sont plus un secret pour personne. D’abord et avant tout, c’est l’empreinte écologique des navires qui vient ternir la réputation de ce type de voyage. Un bateau de croisière brûle en moyenne 250 tonnes de carburant par jour, versus 150 tonnes pour un avion. Considérant que la majorité des passagers doivent prendre l’avion pour se rendre au point de départ de leur croisière, cela multiplie leur empreinte. Aussi, les bateaux de croisière ont des systèmes de filtration des eaux usées souvent inefficaces et jettent chaque jour à la mer une énorme quantité d’eau insuffisamment filtrée qui peut être dommageable pour la vie marine. De plus, le nombre grandissant de navires qui accostent aux destinations populaires met beaucoup de stress sur les infrastructures portuaires, qui se dégradent plus rapidement à cause de l’affluence des croisières. Les passagers, qui font des escales de courte durée dans ces villes côtières, ont tendance à perturber le flot de la vie locale, car ces derniers sont de passage très rapidement et en surnombre. Des inquiétudes ont également été soulevées concernant la qualité de vie de l’équipage de ces bateaux, qui provient souvent de pays pauvres et accepte de travailler sans relâche pour un salaire très bas.

TRUC : si tu magasines une croisière, tente de choisir une compagnie qui compense ses émissions de carbone, fait escale à des ports moins achalandés et est reconnue pour offrir un milieu de travail sain à ses employés.

Photo de  Mariamichelle  sur  Pixabay

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Tout-inclus

Sans contredit l’une des formes de vacances les plus populaires, les stations balnéaires sont également l’une des plus anciennes formes de tourisme. Attrayantes pour leur formule tout compris, ces complexes hôteliers offrent aux voyageurs la tranquillité d’esprit, car ces derniers trouvent tout ce dont ils ont besoin à même le village vacances. Ainsi, nul besoin de se promener avec de l’argent ou des cartes d’identité; les restaurants, bars, divertissements et autres services sont compris dans le coût du forfait. C’est ce qui est en soi l’une des plus grandes critiques de ce type de voyage; les revenus touristiques sont convergés en un seul et même endroit, la plupart du temps appartenant à une chaîne étrangère, la communauté locale ne bénéficie donc pas de la présence des voyageurs. En plus de négliger d’impliquer les commerçants locaux, les résidents se voient parfois même refusés l’accès aux plus belles plages, forêts et autres attraits naturels, qui deviennent privés et réservés à l’usage des clients. Une fois de plus, certains établissements sont controversés pour le mauvais traitement donné aux employés (salaires insuffisants, hébergement bas de gamme, accès aux emplois les moins valorisés et sans possibilité d’avancement, etc.). La présence d’une masse de touristes concentrés en un même lieu peut également avoir un impact négatif sur les ressources naturelles avoisinantes, telles que la surconsommation d’eau et d’énergie, le rétrécissement des habitats fauniques et la contamination des cours d’eau par les produits ménagers et esthétiques (crème solaire, chasse-moustiques, parfum, etc.).

TRUC : choisis un village vacance qui maximise ses efforts environnementaux (limite du gaspillage alimentaire, utilisation de produits biodégradables et d’énergie renouvelable, etc.) et encourage le commerce local en employant dignement des résidents du coin et en offrant la possibilité aux voyageurs de découvrir la culture locale (artisans invités, concerts de musique traditionnelle, nourriture équitablement approvisionnée, etc.).

 

Photo de  thomasstaub  sur  Pixabay

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Surtourisme

On parle de surtourisme lorsqu’une destination est saturée par le nombre de visiteurs, qui dépasse largement le nombre de résidents et engendre des conséquences néfastes sur la vie quotidienne des habitants (congestion routière, limite de l’accès aux attraits qui sont très populaires auprès des touristes, augmentation du coût de la vie tel que l’hébergement, la restauration, les activités touristiques, les frais de déplacement, etc.). Les voyageurs sont souvent concentrés autour des pôles touristiques durant les saisons hautes, causant de l’instabilité auprès des commerçants qui connaissent des hausses de revenus durant ces saisons et des baisses dangereuses durant les périodes creuses. Les habitants sont également souvent dérangés par la présence d’un trop grand nombre de touristes en même temps, car ceux-ci les folklorisent en espérant être témoins de certaines coutumes exotiques, contribuant à la théâtralisation du quotidien des résidents.

TRUC : évite les destinations qui souffrent de surtourisme et choisis un moment de l’année pas trop achalandé, si les conditions le permettent. Aussi, essaie de trouver des alternatives aux attractions touristiques populaires (il y a souvent des musées, ruines, temples, plages et sites un peu méconnus qui gagnent à être connus).

 

Photo de  Kameron Kincade  sur  Unsplash

Circuits organisés

Les circuits organisés ne sont pas forcément mauvais en soi, mais ils peuvent devenir problématiques lorsque mal administrés. Les groupes formés d’un trop grand nombre d’individus sont parfois dérangeants pour les résidents et les voyageurs (beaucoup de gens à l’intérieur d’un même restaurant, congestion routière quand les hordes se déplacent, prise d’assaut des attraits touristiques populaires, mobilisation devant un même endroit pour prendre des photos ou utiliser les salles de bain, etc.). Les touristes qui engagent des compagnies étrangères pour leur tour guidé privent les résidents d’une source de revenue et ne favorisent pas le commerce local, tant sur le plan des dépenses directes engendrées par le circuit que par les dépenses secondaires comme la nourriture et l’artisanat, car les petits commerçants ne peuvent habituellement pas accommoder les gros groupes organisés.

TRUC : opte pour une compagnie locale autant que possible et assure-toi de faire partie d’un petit groupe si tu en peux pas engager de guide privé.




TOURISME ALTERNATIF

Le tourisme alternatif englobe les formes de tourisme s’opposant au tourisme de masse. Une attention particulière est accordée aux considérations économiques, sociales, culturelles et environnementales. Le tourisme alternatif vise habituellement un impact neutre ou positif sur les destinations visitées. Bien qu’il n’y ait pas de règles définissant le tourisme alternatif, il existe plusieurs déclinaisons possibles pour un tourisme bénéfique.

 

Tourisme durable ou responsable

Effectués dans une optique de développement à la fois socioculturel, économique et environnemental, le tourisme durable ou responsable est fait dans le respect des populations locales et des ressources naturelles pour une croissance saine et équilibrée.

 

Tourisme solidaire ou équitable

On parle de tourisme solidaire lorsque les activités touristiques favorisent le développement socioéconomique des populations visitées; les revenus sont répartis équitablement entre les compagnies étrangères et régionales et les profits sont réinvestis directement dans les infrastructures et organisations locales.

 

Photo de  LonelyTaws  sur  Pixabay

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Tourisme social

Il s’agit d’une forme de tourisme visant à développer les ressources économiques ou l’accessibilité au tourisme des populations vulnérables (par exemple une entreprise touristique de réinsertion sociale créant des revenus pour une tranche marginalisée de la communauté d’accueil ou un voyagiste proposant des circuits adaptés aux personnes vivant avec un handicap pour un tourisme plus inclusif).

Tourisme participatif

Tourisme qui vise à faire participer les populations locales aux activités touristiques ou à faire participer les voyageurs aux activités communautaires afin de créer des liens entre visiteurs et visités, pour un véritable dialogue interculturel.

 

Tourisme lent ou slow travel

Ce mouvement valorise la qualité plutôt que la quantité en invitant les voyageurs à visiter un nombre limité de destinations, mais à prendre le temps de s’imprégner de la culture locale et du mode de vie de chaque endroit visité.

 

Tourisme rural

Le tourisme rural invite les voyageurs à sortir quelque peu des sentiers battus en s’éloignant des régions métropolitaines pour diversifier les bénéficiaires des revenus touristiques et désengorger les grandes villes.

Photo de  IanZA  sur  Pixabay

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Écotourisme

Tourisme ayant un impact bénéfique sur l’environnement; ne se limite pas à la minimisation de l’empreinte écologique, mais vise plutôt à avoir un impact positif sur l’écosystème visité en finançant des projets de restauration ou de protection d’habitats naturels. L’écotourisme a souvent une composante éducative qui y est associée.

Au final, l’idée n’est pas de rejeter systématiquement ou de favoriser une forme de tourisme plus qu’une autre, mais de conscientiser les voyageurs aux impacts, tant positifs que négatifs, que le tourisme peut créer. Bien préparer son séjour en effectuant des recherches approfondies sur la destination, la saison et la compagnie avec laquelle on veut faire affaire peut suffire à prendre la bonne décision. Tenter de supporter l’économie locale autant que possible et de réduire son empreinte écologique devrait être au cœur des préoccupations des voyageurs par respect pour autrui et pour la planète. C’est une chance incroyable que nous avons de pouvoir partir à la découverte du monde et cette opportunité doit venir avec son lot de responsabilités.